Mon axe de recherches se base sur mes pratiques personnelles, mêlant arts martiaux et arts contemporains, ainsi que la pratique de la calligraphie. Dans le cadre du master recherche arts plastique, mon sujet de mémoire devient le prolongement de mon travail artistique, s’interrogeant sur les cas d’artistes occidentaux ayant une pratique martiale ou calligraphique.
Dans ce mémoire de recherches, deux problématiques se présentent : Dans un premier temps comment les arts martiaux et la calligraphie se sont-ils ancrés dans les œuvres des artistes occidentaux ? Puis dans un second temps, quelle identité possède les arts martiaux et la calligraphie : sont-ils des arts comme nous pourrions l’identifier dans un contexte artistique de production d’œuvres, ou plutôt comme un travail de la technique, faisant ainsi évoluer les formes de création de l’artiste ?
Le choix d’avoir mis en parallèle la pratique des arts martiaux et de la calligraphie n’est pas anodine. Ces deux disciplines se lient à la fois par leur similitude technique ainsi que par leur apprentissage commun, par exemple dans l’enseignement des samouraïs au Japon. Les arts martiaux et la calligraphie s’ancrent dans un contexte philosophique et cosmogonique aussi précis qu’essentiel pour les pratiquants. Qu’il s’agisse du taoïsme ou du zen, le fonctionnement du corps et de l’esprit se manifeste dans la qualité des gestes et des techniques effectuées.
Certain.e.s artistes occidentaux se sensibilisent plus ou moins à cette vision du monde extrême-orientale par le biais de ces deux disciplines, et sont influencé.e.s dans leurs créations artistiques. Le contact de cette nouvelle culture avec celle des artistes déclenche un phénomène d’enrichissement intellectuel qui est l’interculturalisme. Par le biais de cette dernière, les œuvres de ces artistes possèdent une richesse culturelle forte par la fusion des deux savoirs.
En parallèle, les arts martiaux et la calligraphie posent un réel défi de clarté sur leur place comme techniques artistiques. Sont-elles des pratiques uniquement techniques, ou bien possèdent-elles une véritable matière expressive et artistique ? Un martialiste ou un calligraphe peuvent-ils être considérés comme un artiste et s’identifient-ils comme tel ?
Ce mémoire n’est que le début d’un chemin de questionnements, reprenant des notions présentes à la fois dans les mondes de la calligraphie, des arts martiaux et des arts contemporains. Par le biais de croisements et de liens entre les pratiques, il est intéressant de savoir comment des pratiques aux objectifs complètement différents puissent fusionner et dialoguer.