Les notions du souffle et de trace s’affirment dans cette double production, dans un premier temps par les médiums utilisés pour la réalisation du manifeste et du projet. Puis dans un second temps, par l’esthétique très pure du manifeste ainsi que sa lecture, inspirée par la calligraphie et les arts martiaux.
Le processus de création prend forme par le biais d’un protocole pour la performance, retranscrivant les principes du manifeste. En parallèle, le travail du vêtement fait apparaître le contraste entre la tenue martiale blanche lors de la lecture et la tenue de performance noire dans la vidéo.
De plus, le souffle devient moteur en tant que geste créateur que ce soit dans l’œuvre manifeste ou dans la lecture performée, pendant que le travail de la trace se présente dans la reconstitution vidéo afin de retracer les scènes de performance. Enfin le travail de l’écriture du manifeste commençait à questionner, mélangeant calligraphie occidentale, notamment par la gestuelle de l’écriture.
Manifeste
MAXIMES Chaque individu est en priorité un corps ; il est le médium de notre esprit. rechercher l’équilibre spirituel et matériel, permet d’atteindre la maîtrise de son geste. Prendre soin de son corps permet de développer notre langage matériel et spatial et ainsi affiner son esprit. Le corps frappe, le souffle canalise et le cri fait tressaillir. Autant de sens que la trace peut avoir, tant que le corps est fidèle au geste. SERMENT Moi, détentrice de ce corps ; je m’exprime avec mon âme, je ne mens pas à mes mouvements, je ne corromps pas le rythme. Je cherche à repousser mes limites et lier mon corps avec mon esprit. Mon souffle ne doit en aucun cas hésiter. Il doit être maître de la durée, guidant pas à pas la force expressive du geste. Mon corps est le pinceau de l’espace : Sa touche doit être aussi nette et précise, que la trace spirituelle. PRINCIPES Notre corps est notre support ; il est l’incarnation même de notre pensée. Le souffle créateur se libère avec le geste et permet de le tracer avec force, passion et harmonie. La martialité doit fusionner avec la plasticité et ainsi atteindre l’équilibre du geste. Ne pas utiliser son corps pousse à la retenue et aux non-dits. Tracer et retracer l’espace, développe la trace de l’esprit.